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[Test] Stick It to The Man (Switch)

Stick It To the Man - titre

 

J’avais entendu parler de Stick It to The Man il y a bien longtemps, quand il était sorti sur d’autres plateformes comme la Wii U, mais sans jamais avoir eu l’occasion de m’y pencher. Et puis j’ai découvert Flipping Death de Zoink Games, le même développeur, et j’ai tout de suite accroché. En attendant sa sortie, Zoink a su faire patienter les joueurs en proposant Stick it sur Nintendo Switch. Parfait pour un rattrapage pour ceux qui n’y avaient encore jamais joué, ou pour les autres qui ont tellement aimé le jeu qu’ils ont souhaité s’y remettre.

Sa réputation d’excellent jeu le précède, et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Alors, est-ce qu’il mérite d’être autant adulé ?

 

Métier mortel pour nouvelle aventure

Ray est testeur de casque de chantier. Métier très dangereux, et un tantinet stupide… Les risques sont beaucoup trop grands ! Et justement, il arrive un jour où un objet beaucoup trop lourd lui tombe sur la crâne, ce qui lui vaut un séjour à l’hôpital… Et si lui ne le sait pas, nous avons bien vu auparavant que cet objet ne provenait pas du chantier lors de l’essai, mais d’un avion qui a eu quelques difficultés. Il semblerait d’ailleurs que cet objet soit important pour son propriétaire, qui n’a pas l’air très net au passage…

Encore inconscient et ne sachant ce qui lui est arrivé, Ray se retrouve projeté dans son rêve, avec un drôle de changement. Une sorte de main désarticulée violette lui sort de la tête, telle un spaghetti. Et c’est ici que tout commence.

 

 

Sous couvert du monde onirique de Ray, c’est le tutoriel qui commence, et la prise en main initiale n’est pas des plus aisées. Fort heureusement, elle devient beaucoup plus instinctive par la suite à force d’utiliser les commandes. Ce spaghetti, comme l’appelle Ray, dispose d’une capacité « le Bras de Voyance », qui lui permet d’attraper des objets. Ainsi il peut s’agripper à des punaises pour se déplacer par exemple. Jusqu’à arriver à une reproduction de lui-même en version robot géant, dans lequel un petit extraterrestre a élu domicile. Car l’objet qui est tombé sur sa tête et l’a rendu inconscient contenait un être étrange, qui lui a valu ce spaghetti.

Pour sortir de ce rêve et continuer le tutoriel, Ray doit continuer à utiliser les caractéristiques de cette main étrange. Etre attentif aux papiers muraux qui révèlent une bonne partie intérieure du décor une fois enlevés, utiliser des objets sous forme de stickers à bon escient pour avancer dans l’histoire… Comme par exemple récupérer un morceau d’os pour que le petit chien le suive et retourne dans son panier.

C’est ainsi que Ray arrive à sortir de ce rêve…

 

Mais ce n’était pas qu’un rêve…

 

Après une petite cinématique digne d’un film à suspens, on apprend que l’objet qui est tombé sur la tête de Ray est une arme extrêmement puissante. Et que ses anciens possesseurs qui n’ont pas l’air de faire partie des gentils… Ils veulent bien évidemment retrouver ce qu’ils ont malencontreusement perdu.

De son côté, Ray se réveille, mais il se rend vite compte que le spaghetti est bien réel. Plus fou encore, il lui permet de lire dans les pensées des gens ! Ce qui va lui causer moultes péripéties sur le chemin du retour. Pour rentrer, il a besoin d’un moyen de transport, mais le chauffeur de taxi veut se suicider, sans raconter ses problèmes. Mais grâce au mode « Lecture de pensées », Ray découvre le cœur du problème, et va essayer de le résoudre. Ce qui lui vaudra en passant d’en découvrir d’autres, et de fil en aiguille, il arrivera à rentrer chez lui. Tout ceci en lisant dans les pensées de chacun et en utilisant les objets disponibles…

 

 

Mais un gros danger approche. Les grands méchants de l’histoire ont compris qu’il possédait en lui ce qu’ils recherchaient, et ont kidnappé sa bien aimée, en le faisant passer pour son meurtrier. Une chasse à l’homme commence alors, et Ray n’est tranquille nul part. Mais ce qui l’intéresse le plus, c’est aller sauver Arlène.

 

 

Lire et agir dans les pensées

Après ces quelques chapitres d’introduction, l’aventure commence réellement, et il devient nécessaire de maîtriser parfaitement toutes les capacités précédemment acquises. Il ne manquait plus que la possibilité d’utiliser le mode tactile pour que le gameplay colle parfaitement avec la Switch en mode tablette… Lire les pensées de chaque être que l’on croise devient très vite un réflexe, et c’est même une nécessité. Peu de pensées sont placées là au hasard.

Pour combiner un peu plus pensées et autocollants, vous vous apercevez rapidement qu’une fois une pensée écoutée, une bulle apparaît, contenant un autocollant associé. L’objet qui en découle servira systématiquement à un moment où un autre dans le niveau. Il ne faut vraiment pas hésiter à scanner tout ce qui se trouve autour de soi et récolter le maximum d’objets. Car il est plus difficile de revenir sur nos pas que découvrir une nouvelle zone. La carte est d’ailleurs un excellent moyen de découvrir les pensées qu’il vous reste à écouter, ou les actions manquantes.

 

 

Chaque point d’interrogation vous indique que quelque chose est à creuser dans le coin. Les bulles roses sont les actions que vous avez déjà réalisées. Même s’il est grand, ce plan est très détaillé, et peut aider à tout moment, surtout en cas de blocage. Mais ne vous y fiez pas à 100%, les méchants n’y apparaissent généralement pas. Car comme nous l’avons vu, ils ont décidé de se lancer à la poursuite de Ray pour récupérer l’extraterrestre qui a élu domicile dans sa tête. Ainsi, certains passages seront un peu moins calmes, car Ray devra échapper à ses poursuivants, qui n’hésiteront pas à le taser s’il arrive à proximité. Ces passages sont souvent faits de multiples plateformes, et il faudra jongler entre vitesse, agilité et réflexion pour accéder à une section plus sécurisée.

Pour cela, rien de mieux que de scruter l’esprit de ces hommes en noir. Certains ne pensent qu’à dormir, et l’autocollant qui sortira de leur pensée pourra les y aider. D’autres se focaliseront sur un portrait du suspect, et en collant ce portait sur l’un de leurs congénères, ils ne réfléchiront pas plus loin et se lanceront à leur poursuite.

 

Une tête très intelligente au passage…

 

L’utilisation des stickers n’est pas réservée qu’à ces périodes de course poursuite intense. Elle est présente à tous les endroits du niveau. Plus encore que la lecture de pensée, c’est une caractéristique à maîtriser absolument. Fort heureusement, elle est très simplifiée, trop même. La présence de stickers dans l’environnement est assez visible car l’autocollant ressort de manière moins « réelle ». Mais aussi, et surtout, une auréole blanche l’entoure quand le spaghetti mauve est à proximité. Balader la main un peu partout à l’écran peut ainsi suffire à collecter les stickers disponibles.

Pour ce qui est du collage, c’est la même chose. Les emplacements disponibles sont délimités par une auréole en pointillés blancs. Tout joueur un tant soi peu attentif identifiera rapidement ce qu’il lui reste à faire. Et si jamais l’autocollant sélectionné n’est pas le bon, il ne reste qu’à en essayer un autre.

 

 

Un élément fort du jeu, c’est la variété de ses chapitres. Ils sont nombreux, et surtout très différents. Le fond reste le même, mais la forme change pas mal. Les premiers chapitres qui servent de tutoriel sont assez calmes et axés exploration, et laissent le temps au joueur d’appréhender les commandes. Mais une fois que Arlène est kidnappée et que la ville est aux trousses de Ray, tout s’accélère. Certains niveaux disposent de plusieurs passages avec poursuite par les hommes en noir ou même la police (qui pense qu’il est le meurtrier), et les univers sont totalement différents (île paradisiaque, centre ville, fête foraine, asile…). Un des niveaux ne laisse place à aucune interaction, s’agissant d’une fuite pure et dure, un autre est orienté souvenirs de Ray, où il se met à lire les personnages phares de son passé pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui.

Petit à petit, tous ces chapitres nous mènent à l’issue de l’histoire et se renouvellent suffisamment pour ne pas s’ennuyer. Chacun d’entre eux dispose de son décor et ses PNJ, que l’on ne retrouve nul part ailleurs sauf exceptions (personnages principaux et hommes en noirs), ce qui en fait des mini histoires indépendantes au travers de la principale.

 

 

Le fun avant tout

Si le jeu n’est pas d’une difficulté extrême (loin de là), ses principales caractéristiques sont clairement son humour et ses graphismes. Rien qu’avec les images présentées dans le test, je suis à peu près sûre que la majorité d’entre vous aura eu à l’esprit les films de Tim Burton. Des décors en carton superposés les uns aux autres pour donner l’impression de relief, des personnages sans jonction de la mâchoire, tout ceci est la pâte de Zoink Games (que l’on retrouvera également dans Flipping Death).

L’humour surtout, est omniprésent. Les situations sont toutes plus absurdes les unes que les autres, les dialogues souvent sans aucun sens, et les cinématiques suite à l’utilisation des autocollants tellement inattendues qu’il est impossible de ne pas sourire. Même le retour de Ray quand il se fait éliminer m’a surpris. S’agissant d’un personnage en 2D, il est tout simplement recopié sur une feuille !

 

Et si tous les chats pensaient la même chose ?

 

Un dernier mot sur le casting du jeu. Le nombre de personnages est très conséquent, et de part la lecture dans l’esprit de chacun d’entre eux, ils ont tous besoin d’une voix et d’un physique particulier. Bien évidemment, les doubleurs s’occupent de plusieurs personnages, mais la variété représentée est assez impressionnante. Leur design également est très différent, et démontre du talent de leurs concepteurs. Je me suis facilement attachée à plusieurs d’entre eux, en ai détesté quelques-uns, admiré d’autres… C’est ce qui fait aussi un bon jeu, ce lien qui unit le joueur et les personnages de son jeu en cours. Rien que pour ce sentiment, je leur dis félicitations !

 

 

Mon avis : Un bon jeu, loufoque et étonnant.

J’ai beaucoup aimé ce Stick It to The Man, même si je n’ai peut-être pas été autant emballée que certains. Peut-être parce que j’ai trop souvent entendu qu’il était excellent, et que j’ai tendance à contrer ce genre d’impression ? Je n’ai rien à reprocher au jeu en soi, mais il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable comme certains autres. Il manque un petit quelque chose qui me donne envie de le refaire. Probablement parce qu’il est un peu trop guidé pour moi, j’aurais aimé un peu plus de réflexion.

Toujours est-il qu’il s’agit d’un bon jeu très fun, où l’humour et le concept priment sur la difficulté. L’idée des autocollants et de la lecture des pensées fonctionne très bien, et le scénario est suffisamment bien ficelé pour avoir envie d’en voir le bout. Et pour comprendre le titre et sa casse, surtout la deuxième partie, je vous laisse y jouer et découvrir par vous-même… J’aimerais beaucoup voir une suite, un peu plus corsée. Mais pour l’heure, il va falloir se préparer pour Flipping Death, successeur spirituel du jeu, même si l’histoire de fond est très différente.

Points positifs
– Le concept de lecture dans les pensées
– L’usage des stickers
– L’humour omniprésent
– Les graphismes caractéristiques
Points négatifs
– Peut-être un peu trop facile et guidé
– Le tactile en mode tablette aurait été un plus
– Et je ne vois que ça !

 

Editeur : Zoink Games
Supports : Switch (Wii U, PS3, PS4, Xbox One, PC…)
Tarif Switch : 11,99 €
Jeu testé fourni par Zoink Games.

 

Pour voir un peu de gameplay sur le jeu, je vous propose le replay de mon stream. Pas de gros spoils, je ne vais pas jusqu’à la fin de l’histoire, mais une première grosse heure de jeu.

 

 

 

 

 

 

 

 

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